"Je me suis débarrassé de bien de tracas"
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Daniel Lavoie

S'il a vécu, il y a quelques années, une période difficile dans sa vie professionnelle, le chanteur Daniel Lavoie est aujourd'hui loin des tracas qui ont tourmenté son existence. Le chanteur a fait peau neuve et nous parle des grandes priorités qui ont contribué à son nouveau bonheur.
Quand Daniel Lavoie et sa conjointe, Louise, ont décidé, il y a plus de dix ans, de s'établir à la campagne, ils ont étalé une carte de la région de la Montréal sur une table, pris un compas et planté la pointe de celui ci au coeur du centre-ville. Puis, ils ont tracé un cercle dont le rayon représentait approximativement un trajet de 45 minutes en voiture. Pendant deux ans, ils ont sillonnées municipalités qui se trouvent le long de la circonférence donnée. Leur choix s'est arrêté sur un secteur de la Montérégie traversé de cours d'eau joyeux et tapissé de vastes champs et de jolis coin boisés.
Daniel, pourquoi
aviez-vous envie de vous éloigner de la ville?
J'ai été élevé
au Manitoba, dans le petit village de Dunrea, au sud de Winnipeg,
et je ressentais un besoin vital de renouer avec les grands
espaces et la quiétude. Par ailleurs, à Montréal, une
personnalité a plus de difficultés à passer incognito, même
si la majorité des citadins respectent son besoin d'intimité. A
la campagne, les gens sont curieux mais, si on s'implique dans es
activités du village, on fait rapidement partie des meubles.
Tout le monde se connaît, et le nouveaux venus sont très vite acceptés.
Vous considérez-vous comme un
véritable amant de la nature?
Bien sûr. C'est dans un tel
environnement que je me sens le mieux. J'aime sortir de la maison
et n'entendre que les bruits de la nature. J'ai plusieurs amis qui disent apprécier la campagne, mais peu sont capables d'y
vivre pour de longues périodes. Moi c'est tout à fait le
contraire: je suis incapable d'habiter en ville plus de trois
jours!
Pourquoi avez-vous choisi la
Montérégie?
Cette région nous a souri. Elle est paisible,
et il n'y a pas d'autoroute qui traverse le secteur que nous
habitons. De plus, celui-ci ne comporte pas d'attrait touristique
d'importance. De temps on temps, des cyclistes sillonnent les
routes avoisinantes, mais nous les aimons bien. Nous aussi, nous
faisons du vélo et ici, c'est l'endroit idéal pour pratiquer ce
sport.
Il y a quelques années.
lorsque vous avez fait faillite à cause de votre compagnie de
disques. vous avez traversé une période difficile. Que retenez-vous
de cette expérience?
Je pense que c'était un passage nécessaire.
Ç'a été une période difficile, mais extrêmement bénéfique,
car elle m'a permis de larguer des choses qui m'empêchaient d'être
bien depuis plusieurs années. C'était ce qui pouvait m'arriver
de mieux. J'ai fait peau neuve et j'admets que, maintenant, je me
sens très bien.
Considérez-vous que vous profitez pleinement
de la vie?
Oui. Avant mon existence était remplie
de points noirs qui m'empêchaient de profiter des plaisirs du
quotidien. Débarrassé de tous ces tracas, je me suis senti
beaucoup plus heureux et plus léger.
Vos priorités sont-elles restées les mêmes?
Elles demeurent ma famille, ma vie à la campagne et la musique. Le succès de Notre-Dame de Paris
et les millions d'albums vendus constituent en quelque sorte le
glaçage sur le gâteau...
Avez-vous ressenti quelques inquiétudes avant
d'accepter de vous impliquer dons la grande aventure de Notre-Dame
de Paris?
C'était un gros risque au départ. À
ce moment-là je gagnais quand même bien ma vie au Québec,
alors j'ai énormément hésité à partir. Mais j'étais aussi
conscient que tout le travail que j'avais accompli durant les années
précédentes risquait de tomber dans l'oubli, et j'avais besoin
de changement...
L'idée de laisser toute votre famille derrière
vous pendant une longue période constituait-elle un facteur qui
aurait pu vous empêcher d'aller de l'avant?
Il était hors de question que je parte
sans Louise et mes enfants. C'était une condition incontournable.
Le producteur a accepté mes exigences sans aucune réticence.
Vous qui viviez à la campagne dans un
environnement calme et serein, que pensiez-vous de vous installer
à Paris, une des villes les plus animées du monde?
C'est certainement ce que j'ai trouvé
le plus difficile et ça été une grande source d'inquiétude
pour moi. Mais Paris est une ville fabuleuse et extraordinaire à
découvrir. De plus, j'ai travaillé tellement fort que le temps
est passé rapidement.
Les membres de votre famille se sont-ils bien
adaptés?
Oui. Ça été formidable. Nous nous
sommes trouvé un bel appartement non loin du Palais des congrès
où était présenté le spectacle, et nous avons vécu comme des
Parisiens durant cinq mois.
Vos enfants ont-ils apprécié leur nouveau
milieu scolaire?
Gabrielle et Joseph ont plongé dans
leur nouvelle vie sans hésiter. Ils se sont vite adaptés à
leur école, ainsi qu'à la discipline française. À mon grand
plaisir, ils ont obtenu de bonnes notes.
Votre horaire était chargé. Vous ne deviez
pas être en mesure de passer beaucoup de temps avec eux...
Je profitais de leur compagnie les
mercredis et samedis après-midi - les congés scolaires sont
différents en France. Le week-end, Joseph m'accompagnait à
toutes les matinées. Son copain, le fils d'Hélène Ségara, et
lui s'amusaient beaucoup dans les couloir immenses de l'arrière-scène
du Palais des congrès. Quant à Gabrielle, elle s'est fait en très peu de temps une douzaine de bonnes amies, avec qui elle est restée
en contact.
On peut donc dite que vous avez pris une
excellente décision en acceptant le rôle de Frollo, non?
Avec le recul, oui. (rires) Mais le succès
de Notre-Dame de Paris ne s'est pas fait de façon instantanée.
Je dirais même que, à un certain moment nous vivions un peu
dans l'inquiétude et ce, malgré le fait que la chanson Belle
connaissait un vif succès au Québec. Nous savions tous que ce
qui marche ici ne fonctionne pas systématiquement de l'autre côté
de l'Atlantique. C'est seulement après le succès remporté aux
Victoires de la Musique, en France, que tout a déboulé.
Est-ce que vous aimez encore
Belle?
Je n'aime pas nécessairement l'entendre
à la radio, mais j'aime encore la chanter.
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