De "La comédie humaine" de Daniel Lavoie
Maria Creuza de Souza
Paris, le 14 février 2004
Il a su encore envelopper les êtres, avec ce manteau doux et caressant fourré d’un velours de ses notes si bien balancées, si douces et si sensuelles. Tels ces féminins chinois qui se profilent derrière des paravents, avec ses habits en soie protégeant leurs mamas nourricières, pour réveiller les sens charnels… Et il chemine encore dans cette voie bénissant les femmes qui mettent des roses au bout des projectiles et tapissent des fleurs les champs nourrit des rouges sanglants de la dérive mortelle des hommes. Celle qui enlace le petit jeune homme jouant au grand héros, et celles qui ouvrent des bras indulgents, pour donner de l’amour à ceux qui sèment la mort. Et il l’affronte la mort, "la toute puissante" ! Il lui laisse cependant la voie libre, si l’amour, le vrai, n’est plus là ! Telle est l’importance qu’il donne à ce sentiment, levier qui maintient l’être humain dans la gloire ou dans la peur.
Mais prévoyant, il lance un cri d’appel au secours pour toutes les douleurs, les manques : la misère des hommes. Comme exemple, ces clandestins de la vie, qui jouent aux scènes ouvertes de leurs plaies, de leurs souffrances exploitées en couleurs trompeuses sur les écrans de la planète.
Ainsi, son voyage musical était "indispensable"… Il a visité quelques coins de la planète comme "chasseur de mouche, trafiquant d’ignorance, loueur de certitude, quêter de turpitude, fourvoyer d’évidence," et pour "tromper les rêves," en "écailleur de sirène…" et il est revenu granulé " en sable…" Il s’est laissé mouler par ce monde mosaïque pour s’imprégner de ce mélange de doux et amère, tendre et rebelle, avenant avec sagesse… pragmatique et philosophe à la fois, "on va comme on revient… ça va… " savoir attendre "comme jamais attend toujours pour tout refaire"!
"Il y a la manière" de dire à la Lavoie. Autant avec cette voix qui émue et retient les sens, et qui coule après dans les entrailles entraînant des sensations de tendresse mélangées à cette sensualité naïve et érotique à la fois, mais pas pour autant sans crier victoire à la suprématie des vraies vertus humaines, qui malgré tout, importe sur la course folle de l’homme vers une destinée apocalyptique.
Chaque fois plus mure et épuré Daniel Lavoie, le "prince des plaines glacées", revient avec sa belle voix sensuelle, sa personnalité envoûtante et ces messages clairvoyants d’espoir et de sagesse, d’un être qui a appris à regarder le monde d’une autre dimension. Ses chansons ont ce goût de l’ambivalence humaine pour le beau et son contraire, toujours camouflé dans l’arabesque de l’organisation sociale, si bien forgé depuis la nuit du temps.
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