Daniel Lavoie en anglais !

"Pop Rock" 20 juin-8 juillet 81 
Par F. Durepos Jr. 

Une journée splendide. Quoi de mieux pour aller s’entretenir avec Daniel Lavoie au sujet de « Craving », son premier microsillon anglais qui sera disponible sur Sefel Records.

Projet de longue date, « Craving » fut commencé lors de « Nirvana Bleu » ce qui explique le fait que deux équipes furent nécessaires à sa réalisation soit l’équipe de « Nirvana Bleu » et les musiciens qui faisaient partie des spectacles.

« Le disque anglais représente la continuité de « Nirvana Bleu ». Je pense qu’il va plus loin, qu’il est plus approfondi. Le thème de la rencontre du mur y est évident, c’est une prise de conscience que la vie te donne moins que ce qu’elle prétend offrir », de dire Daniel. Du côté de l’équilibre entre la langue française et la langue anglaise, il s’y trouve un défi évident. « J’ai dû négliger le français complètement et presque un an fut nécessaire pour trouver ma personnalité en anglais. Je ne pensais pas que j’étais schizophrène ou qu’il y avait un décalage entre les deux langues mais quand je m’écoutais en anglais, ce n’était pas crédible, ça ne fonctionnait pas et il a fallu que je m’y trempe complètement pour réussir », affirma-t-il.

Il existe tout de même des variantes entre le matériel anglophone en spectacle et celui sur disque comme on peut le constater d’après les précisions du chanteur. « En spectacle, les chansons anglaises sont dotées d’un « comic relief » alors que celles que l’on retrouvera sur le microsillon se veulent plus médiatives, elles ne sont pas carrément drôles. Sur le disque, cela apparaît de façon plus sérieuse. On peut dire que c’est triste à en rire ! »

En ce qui concerne le « son » qu’il possède, Daniel Lavoie considère qu’il n’y a rien de modifié et ce même malgré son succès en Europe. « Je crois que mon son s’est développé avec les années et l’expérience mais il n’y a pas de choix conscient d’une spécification du son pour une chose en particulier ».

Pour Daniel, le fait de passer d’une grande salle à un petit club est un peu semblable au fait de varier son menu. "Tu sais il y a des jours où tu préfères manger un hot-dog et d’autres où tu optes pour un bon steak. J’ai donné de très bons spectacles dans des clubs où l’on se cognait la tête au plafond en se levant. Trop de l’un ou de l’autre apporte la routine et il ne faut pas tomber dans l’excès. "

En ce qui concerne les projets, rien n’arrivera avant l’automne . Il pourrait y avoir une tournée ontarienne, un mois en Europe et une tournée au Québec. Daniel travaille déjà pour son prochain microsillon français. Le succès devrait s’en approprier encore si on considère les efforts qui y sont investis.  

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