Platine magazine

 Platine - 1999



Ne craignez-vous pas que votre succès en trio dans 'Belle', vous handicape?
Daniel Lavoie : Notre-Dame de Paris est une grosse machine, mais je dois continuer à exister en parallèle, comme auteur, compositeur... J'avais enregistré un album au Québec, qui était prévu en France, alors il sort... en s'accrochant, il est vrai, un peu, à Notre-Dame

La comédie musicale va-t-elle le pousser ou l'étouffer? 
Daniel Lavoie : Je vous raconterai ça dans six mois... (Sourire.) De toute façon, ce n'est pas album facile, je ne sais même pas si on va réussir à faire passer Je pensais pas, le premier extrait, en radio. C'est un disque très doux, avec des grooves subtils, rythmé mais en dessous, organique... Certainement mon préféré. (album "Où la route mène")

Vous y avez rajouté deux chansons de Notre-Dame de Paris...  
Daniel Lavoie : Charles Talar, le producteur de Notre-Dame de Paris, qui est également mon producteur en France, m'a proposé deux titres de la version studio de Notre-Dame, je lui ai dit : "OK". 

Sur votre compilation, en 1997 en France, on retrouve les mêmes cosignatures que sur ce dernier album : Dubuc, Moraillon, Lelièvre, Proulx...  
Daniel Lavoie : Louise Dubuc est mon meilleur complice, puisque c'est ma femme, mais aussi mon éditrice... Je ne travaille pas toujours avec les mêmes, mais, en général, je ne me brouille pas avec mes complices. Je m'en éloigne quelquefois provisoirement. Par exemple, j'avais travaillé avec Daniel Deshaimes sur Tension attention, ensemble, nous avions écrit Ils s'aiment en 1983, et puis Dany a décidé de se consacrer à l'informatique. Je n'y peux rien. En revanche, je travaille toujours avec Thierry Séchan (le frère du chanteur Renaud), qui n'est pas sur cet album, mais avec lequel je viens d'écrire quatre chansons pour Luce Duffault, ainsi que d'autres pour mon prochain disque. 

Votre dernier album compte une prestigieuse signature, celle de Louise Forestier, pour "nantucket"?  
Daniel Lavoie : C'est la première chanson que nous avons faite ensemble. Il y en a eu d'autres depuis, notamment pour le dernier album de Louise qui est sorti au Québec.

Vous co-signez quelquefois les paroles, quelquefois les musiques. Quelle est votre spécialité? 
Daniel Lavoie : Depuis toujours, je fais mes musiques tout seul, ma femme y collabore quelquefois, mais c'est la seule. En ce qui concerne les textes c'est de moins en moins moi. 

Il y a longtemps que vous écrivez pour les autres? 
Daniel Lavoie : Non, quatre ou cinq ans. j'ai placé des compositions à Louise Duffault et je viens d'écrire 'Urgent Désir' sur le dernier album de Lara Fabian. 

Pourtant en 1987, sur l'album Incognito de Céline Dion, on trouve votre signature sur "Lolita"...  
Daniel Lavoie : C'est une exception. J'avais composé la musique de cette chanson que je chantais en anglais. Céline et René ont demandé à Luc Plamondon de faire une adaptation en français, et voilà... 

Vous avez débuté en 1967, cela ne vous gêne-t-il pas de faire partie d'une troupe où il n'y a que des jeunes, souvent débutants?  
Daniel Lavoie : Non, pas du tout, au contraire, car ils ont du talent et une grande maturité. Pour moi, c'est comme une transfusion... et puis, j'ai encore de la fougue, croyez-moi... 

N'êtes-vous pas triste de n'être connu en France que pour Ils s'aiment et maintenant Frollo?
Daniel Lavoie : Si je n'étais connu en France que pour 'La Danse des canards', je trouverais ça frustrant... En revanche, avec une chanson comme Ils s'aiment, qui a gardé beaucoup de pertinence et d'actualité, je me sens à l'aise, même si j'aimerais être connu ici comme au Québec, pour vingt-cinq chansons qui y ont été des numéros uns. Mais, c'est de ma faute, j'étais fatigué de voyager, et un peu paresseux, et j'ai préféré concentrer mes efforts sur le Québec. 

Vous avez chanté à Paris au Petit Journal montparnasse en 1979, au Théâtre de la Ville en 1981, à Bobino en 1982, au Rex en 1985, à l'Olympia en 1984 et 1986... et avez même publié un live de ce dernier spectacle...  
Daniel Lavoie: D'ailleurs, la compilation de 1996 était en fait un live, mais dans les conditions du studio, sans public, car les applaudissements, ça m'em... 

Notre-Dame est votre deuxième comédie musicale après 'Sand et les Romantiques', déjà de Plamondon et Lara en 1991, année durant laquelle vous jouez au cinéma dans Le Fabuleux Voyage de l'ange. Devenir acteur vous tente? 
Daniel Lavoie : Jusqu'à Frollo, je ne me sentais pas vraiment acteur. Mais, c'est vrai que ce rôle, qui est loin de ce que je suis, m'a fait travailler.  

Vers 1974, sur votre premier album, vous chantiez 'J'ai quitté mon île' qui est devenu un succès en portugais (Deixei mihaterra) au Brésil et au Portugal, en 1983, sur le sixième, 'Ils s'aiment' est adapté en anglais, espagnol, portugais... Une carrière hors de la Francophonie vous tente-t-elle?  
Daniel Lavoie : En 1993, sur mon dixième album, j'ai eu un succès aux Etats-Unis avec la B.O. de General Hospital, suite à quoi j'ai enregistré un quatrième et dernier album en anglais, mais je n'ai pas eu envie de poursuivre aux Etats-Unis, car le show-business américain est un monde de fous. 

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