Interview radio Daniel LAVOIE
 

 

Radio-Canada le 25 novembre 2003 à 12h10

Emission Aux arts, animée par Johane Despins

 

 

Journaliste : Oui c’est live, ça ressemble à ça entre autre, Daniel Lavoie, le festival en chanson de Petite Vallée, on va aller fouiller aussi loin que ça dans votre répertoire, ce sera votre tour l’année prochaine.

Daniel Lavoie (D.L.). : J’ai bien hâte de voir ça .

 

Journaliste : Ça vous allume de vous retrouver avec des jeunes, auteurs compositeurs, des interprètes ?

D.L. : Ça dépend ce que vous entendez par allumer (rires) mais ça m’intéresse beaucoup effectivement de voir qui est assez fou pour se lancer dans ce métier en 2004.

 

Journaliste : Vous trouvez ça fou aujourd’hui ?

D.L. : Ça devient de moins en moins évident, oui je crois, quand j’ai commencé moi, c’était la seule chose qui se faisait la chanson française mais maintenant c’est une des dernière chose qui se fait, je me demande ce qui pousse encore les jeunes à vouloir faire de la chanson française telle qu’on la connaît nous, ça me fascine, c’est un petit peu de la curiosité aussi.
 

Journaliste : Vous disiez aussi en conférence de presse que quand ça fonctionne c’est le plus beau métier du monde.

D.L. : C’est vrai quand ça fonctionne c’est le plus beau métier du monde, c’est pour ça que j’y suis encore d’ailleurs.
 

Journaliste : Mais il y a longtemps qu’on ne vous a pas entendu comme auteur compositeur interprète sur scène ici au Québec.

D.L. : Oui ça fait un bon bout … mais si vous êtes patients ça s’en vient, j’ai un nouvel album qui s’en vient.

 

Journaliste : Donc à Petite Vallée on pourra fouiller loin, loin derrière mais on pourra peut-être entendre des nouvelles choses.

D.L. : Vous entendrez sûrement des nouvelles choses, parce que ça sera déjà sorti depuis quelques mois ….probablement …je ne sais pas si je dois chanter ?

Allain Côté : Ben oui !...

D.L. : Je connais pas toutes  les surprises qui m’attendent ça c’est clair… mais c’est certain qu’il y aura des nouvelles choses.
 

Journaliste : Ce sera un retour dans l’équipe d’auteurs compositeurs interprètes qu’on retrouve maintenant depuis bon nombre d’années à Petite Vallée.

Y-a longtemps que vous n’avez pas œuvré au Québec à temps plein, ici ?

D.L. : Oui ça m’attirait beaucoup ce côté très…convivial où je retrouve plein de gens avec qui je travaille, de loin parce qu’on se voit pas très souvent, depuis beaucoup d’années, Louise Forestier je la vois souvent parce qu’on travaille toujours ensemble, Michel je ne le vois pas souvent, Pierre Flynn  non plus et Edgar Bori et Marie-Claire Seguin et je ne sais pas qui d’autre … j’ai l’impression qu’il y aura des dîners enflammés et plutôt agréables ….

 

La journaliste interviewe Allain Côté... puis revient à Daniel Lavoie.

 

Journaliste : Daniel Lavoie vous serez le parrain de cette édition, et vous êtes aussi aguerri comme interprète que comme auteur compositeur parce que vous avez toujours diversifié votre carrière, vous avez accepté d’être interprète sur scène dans des opéras, il y a eu Sand et les romantiques, bien sûr Notre-Dame de Paris et tout récemment Le Petit Prince, tout en continuant à écrire et à interpréter vos pièces

D.L. : Oui, j’ai tout fait ça !!
 

Journaliste : C’est important pour vous d’essayer de nouvelles choses,

D.L. : C’est intéressant surtout. Me limiter à faire la même chose années après années, j’avoue qu’après mon 15ème album j’avais envie de faire autre chose, je commençais à me lasser un peu de faire toujours la même chose : album, tournée, album, tournée…Et puis quand sont arrivés Notre-Dame de Paris et Le Petit Prince c’était vraiment une façon de continuer à faire ce que j’aime sans faire toujours la même chose. J’avoue que, surtout pendant Notre-Dame, c’était plutôt agréable de chanter devant des salles combles pendant quelque temps, ce qui n’arrive pas toujours au Québec. Donc j’ai connu quelque chose de très, très grisant pendant quelques temps.
 

Journaliste : Qu’est-ce que cette expérience, comme interprète, a apporté à l’auteur compositeur

D.L. : Ça m’a apporté le courage de monter sur une scène et d’y prendre plaisir. Avant j’y allais un petit peu à reculons… puisqu’il faut le faire, je le fais… Mais maintenant en étant interprète et en jouant entre Frollo et ces personnages j’ai vraiment découvert un grand plaisir à la scène  que je n’avais pas trouvé encore. Et maintenant je pense que, quand je serais moi-même, que j’irai me défendre moi-même, je vais le faire avec plaisir.
 

Journaliste : Est-ce que vous êtes capable de retourner seul sur scène ?

D.L. : Ben, il va falloir !!!

Journaliste : Est-ce que vous avez envie d’être entouré de plusieurs musiciens ?

D.L. : Non, non, ça va être très simple, mon prochain show ça va être très, très simple. J’ai découvert dans ma dernière tournée, le plaisir de travailler avec une équipe réduite, je pense que ça va rester … à moins que je me retrouve avec un grand orchestre comme j’ai fait avec François Dompierre  on était avec l’orchestre de chambre de 20 musiciens, 20 cordes et un piano, ça ç’est une autre griserie… Mais quand je fais un spectacle pour moi, j’aime bien une petite formation où il y a vraiment cohésion, on arrive bien à fixer l’énergie.
 

Journaliste : On va parler cinéma aussi, vous avez interprété Félix Leclerc dans une série qu’on connaîtra à radio-canada sous peu.

D.L. : J’ai raconté l’histoire de Félix, parce que j’ai pas essayé d’imiter Félix même si on m’a mis une perruque blanche sur la tête, j’essayais pas de jouer Félix, j’essayais de raconter l’histoire de Félix par un scénario qui racontait un petit peu le cheminement de Félix, c’est pas du André-Philippe Gagnon qui joue Félix c’est vraiment Daniel Lavoie dans le rôle de quelqu’un qui aurait pu être Félix
 

Journaliste : Et comment vous vous trouvez … êtes-vous capable …en regardant les rushs ?

D.L. : Non je ne suis pas capable ! J’ai pas regardé de rushs et puis je me suis pas vu et  j’ai pas trop  envie…j’ai toujours eu beaucoup de pudeur à ce niveau là, éventuellement il va falloir ; il va y avoir la post-synchro à faire, il va falloir éventuellement que je me regarde mais pour le moment je me fie à ce que me disent les gens qui l’ont vu… et ils disent que c’est crédible et que ça va…
 

Journaliste : C’est plus difficile d’interpréter quelqu’un qu’on a admiré, quelqu’un qui a vécu qu’un personnage qu’on invente complètement comme dans Johnny Brancusi.

D.L. : Je sais pas si c’est plus difficile, mais c’est certainement plus casse-gueule parce que les gens ont des idées préconçues sur le personnage,  puis c’est certain peut-être même ceux qui l’ont connu vont me juger différemment que si c’est un personnage inconnu que je crée de toute pièce. Mais cela dit j’ai trouvé ça extrêmement émouvant de jouer Félix parce qu’il y avait d’abord les chansons, j’ai du enregistrer une trentaine de chansons avant le film et donc je suis allé à l’école de Félix et puis l’école de Félix c’est une belle école. J’ai connu trente chansons que j’ai apprises et enregistrées mais j’ai eu envie d’aller plus loin encore dans le répertoire parce que je me suis rendu compte que je connais très mal Félix et puis en  le connaissant par ses chansons j’ai pu embarquer dans sa vie plus par le cœur, plus par le souffle que par la tête.

Il y a quand même une petite anecdote amusante…

J’ai rencontré Gaétane (épouse de Félix) quand j’ai tourné à l’île d’Orléans et Gaetane m’a raconté, comme ça à la table de cuisine, que quand Félix et elle m’avaient vu la première fois à la télévision quand j’arrivais du Manitoba, j’avais 23, 24 ans … Gaetane avait demandé à Félix « dis-donc t’a eu des copines quand tu étais au Manitoba ? » 

Elle trouvait que je ressemblais drôlement à Félix… ça devait être quelque chose qui était écrit dans les étoiles … Cela dit je ne pense pas que ma mère ait connu Félix…
 

Journaliste : Il y a des liens à part aussi,  Félix a une place de choix à Petite Vallée, c’est lui qui nous accueille

D.L. : Si vous voulez je reviendrai l’an prochain en Félix ….

Allain Côté : Il y a une phrase dans le calepin de Félix qui  dit « il y a des maisons où les chansons aiment entrer » 

 

Allain Côté  donne des indications pour s’inscrire au festival de Petite Vallée (voir site www.festivalenchanson.com)

 

Journaliste : Merci beaucoup Allain Côté. Daniel Lavoie êtes-vous revenu au Québec pour un bon bout de temps ?

D.L. : Je suis jamais vraiment parti, je vais faire des petits séjours en France, mais ma maison est ici ; mes racines sont ici depuis quelques années. Oui je suis revenu pour un bout de temps… Remarques je repars la semaine prochaine !!!

Journaliste : Bon on vous accueillera chaleureusement à chacun de vos retours.

                    Merci beaucoup.

 


Vous pouvez écouter cette interview en cliquant sur ce lien :

 

http://www.radio-canada.ca/Medianet/CBFX/AuxArtsEtc200311251210_1.asx

 

 

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