NDP en Belgique
Emission radio "C'est une très bonne question" sur
RTL Belgique
Février 1999
Journaliste :
Bonjour Daniel. On va commencer par t'écouter chanter si tu le veux bien .(chanson :
"Etre prêtre et aimer une femme") Etre prêtre et aimer une femme.
C'est un sacré rôle que tu
as , Daniel Lavoie hein ?
Daniel Lavoie : Un rôle sacré même ! Ma mère a toujours voulu un
prêtre dans le famille, c'est fait !
Journaliste
: Elle t'a vu ?
Daniel Lavoie :
Non elle a les disques, évidemment, elle vient me voir à Montréal. Je l'avais invitée à Paris mais bon,
ils
commencent à être vieux mes parents puis ils avaient pas
envie de se taper le voyage.
Journaliste
: Ils habitent toujours le Manitoba ?
Daniel Lavoie : Oui,
avec mes frères et mes soeurs.
Journaliste
: Vous êtes très famille en général les canadiens.
Daniel Lavoie : Ouais,
c'est une culture chez nous, pendant des années les
familles c'était 14 puis 15 enfants et il en ressortit une culture de la
famille, des grandes réunions, des gros repas familiaux...
Journaliste
: C'est chouette le Canada ? Toi qui connaît d'autres pays...
Daniel Lavoie : J'aime la
liberté, le grand air et une certaine détente
qu'on ne trouve pas ailleurs. Y a pas une pression
démographique comme aux USA .C'est un pays très relax, où il
fait bon vivre. Je changerais volontiers le climat. J'aime
pas la neige, le froid. Je prendrais bien le Canada avec le
climat de l'Arizona .C'est le monde parfait.
Journaliste
: Vous allez beaucoup aux USA ?
Daniel Lavoie : J'y vais régulièrement
oui . Je suis à 4 km de la
frontière moi. Je vis à la campagne et les USA c'est juste à côté. Donc je vais souvent y faire des courses c'est moins
loin que Montréal. Mais je ne suis pas amoureux des
USA, j'aime pas trop ...je ne les déteste pas non
plus ...mais je n'y vivrait pas c'est certain.
Journaliste
: Tes enfants ont vu le spectacle de Notre-Dame
?
Daniel Lavoie : Oui !
Ils ont baignés dedans pendant 6 mois et ils adorent. Mon fils de 9 ans, il a suivit les répétitions,
il
est devenu un rat du palais des congrès , il connaissait
toutes les chansons et même qu'à Noël, tous les enfants des artistes, de la production, ont fait un mini Notre-Dame-de-Paris avec les
décors, la musique, les lumières...qu'on a
filmé. Et c'était vraiment très émouvant pour les parents de
voir leur enfants chanter NDP !
Journaliste
: Ils sont retournés au Manitoba ?
Daniel Lavoie : Pas au
Manitoba, au Québec, là où j'habite maintenant. Ils
sont retournés pour ne pas trop compromettre l'année scolaire, quand même.
Journaliste
: C'est dur d'être séparé d'eux ?
Daniel Lavoie : Oui,
je trouve ça dur...J'ai assez fait d'hôtels dans ma
vie.
Journaliste
: Car t'es pas un débutant...ça fait quoi ? 20 ans ?
Daniel Lavoie : Oh plus ça fait 30 ans que je fais de la
tournée. J'ai
commencé très jeune, à 20 ans. J'ai pas encore 50 ans mais presque. Ce qui fait que j'en ai vu des hôtels et des
chambres d'hôtel.
Journaliste
: Mais ce métier, pourquoi ? Tu le sentais dès le départ ?
Daniel Lavoie : J'ai pris le chemin de la
facilité, j'avoue.
Journaliste
: On ne te destinais pas à cela ?
Daniel Lavoie : Je ne me destinais
pas à ça ! Je voulais être docteur, médecin...je voulais sauver du monde ! Je me voyais
une brillante carrière en médecine ou en biologie ou
quelque chose comme ça car les sciences m'intéressaient beaucoup. Mais j'avais une facilité pour la musique qui a
fait que d'une chose à l'autre, je me suis retrouvé à faire
de la tournée pour me reposer de 3 ans d'université. Je me disais "je fais 6 mois de tournée puis je reviendrai
aux études la tête reposée"...et j'y suis jamais retourné.
Journaliste
: La première fois que t'as chanté, que tu t'es aperçu de ta
voix, Lavoie ?
Daniel Lavoie : Oh mon dieu...j'avais 14-15 ans et je chantais du
Rolling Stones et des Beatles dans un petit groupe de rock
Journaliste
: T'avais envie ?
Daniel Lavoie : Oui,
c'est surtout que j'avais des grandes oreilles, j'entendais tout de suite et je l'apprenais très
rapidement
Journaliste : T'as jamais appris la musique ?
Daniel Lavoie : Ben
oui, j'ai fait 8 ans de musique
classique. Mais je ne
me souvenais de rien de tout ça moi c'était surtout mes
oreilles qui m'apprenaient tout et une mémoire qui retenait
facilement les choses. C'est pour ça que je te dis que j'ai
pris le chemin de la facilité. Et j'ai jamais regretté, j'ai
toujours pris un grand plaisir à faire de la musique et
j'ai toujours insisté pour tout faire : écrire les paroles, la musique, jouer des
instruments, produire, faire
les arrangements. Ce qui m'a permis de bien diversifier mes
affaires et de toujours rester intéressé.
Journaliste
: Ton nom est très connu au Canada.
Daniel Lavoie : Ouais pas
mal. ça a bien marché. Depuis quelques années
j'ai ralenti. C'est un métier pour les jeunes? la musique. Je
fais des musiques de film, de la composition. Je continue à
faire de disques. Des disques "d'auteur" si tu veux, qui
jouent quand même sur les palmarès mais qui n'essaient pas
de s'inscrire dans des modes et j'en souffre parfois les conséquences, mais c'est pas
grave, c'est des choix que je
connais et je les assume complètement.
Journaliste
: Est ce que tu te plais physiquement ?
Daniel Lavoie : Oh de moins en moins !
Journaliste
: Pourtant de plus en plus les femmes disent "oh
Lavoie, quel
bel homme ! "
Daniel Lavoie : Je sais pas...non...
Journaliste
: Tu sais que tu plais aux femmes ?
Daniel Lavoie : Ben,
on me l'a toujours dit...je me regarde dans le
miroir et je me demande souvent pourquoi...je sais
pas...surtout depuis que je me suis coupé les cheveux ,on me
dit "on t'aimais mieux avec les cheveux longs", mais je
trouvais que Frollo avait besoin d'une coupe militaire pour
insister sur son côté sévère.
Journaliste
: T'as beaucoup de groupies ?
Daniel Lavoie :
Non ,...les groupies ! c'est quoi ?
Avant c'était des
filles qui cognaient à ta chambre pour coucher avec toi. ça
je n'en ai pas du tout. Je n'ai jamais encouragé ce genre de
chose et les quelques fois où c'est arrivé je leur
expliquais que la personne auquel elles rêvaient et la
personne que j'étais n'étaient pas du tout la même personne. Et qu'elles avaient intérêt à réviser un peu leur
position.
Journaliste
: Ah tu es fidèle !
Daniel Lavoie : Je suis pas un homme
facile, j'aime pas les femmes
faciles. J'ai très vite compris que le bonheur n'était pas là
Journaliste
: C'est quoi le bonheur ?
Daniel Lavoie : C'est d'être en paix avec soi-même , de savoir ce qu'on
veut et de pas être frustré par les inconvénients
inévitables de la vie.
Journaliste
: Tu cours après rien ?
Daniel Lavoie : Je suis
ambitieux, je serais pas là sinon et j'ai eu
des coups dans la gueule souvent même que j'ai perdu des fortunes. J'ai risqué
beaucoup, perdu beaucoup et gagné
souvent mais j'ai toujours pris ça comme un jeu et essayé de
prévenir le pire surtout depuis que j'ai des enfants.
Journaliste
: Alors tu nous disait qu'il y avait un projet de
NDP en
Angleterre et que tu risquais de jouer Frollo là-bas.
Daniel Lavoie : Oui,
l'aventure est intéressante car j'ai jamais joué à Londres. ça m'ouvrirait une autre
culture que je connais
bien. Oui, ça m'intéresse et j'avoue que c'est très agréable de se faire porter par ce grand bateau
. Je me suis battu
très fort pendant des années et j'ai l'impression d'être en vacances, comme une année sabbatique.
Journaliste
: Est-ce que tu a eu beaucoup de prix ?
Daniel Lavoie : Oui beaucoup ! Je suis toujours émerveillé d'en avoir eu
autant. Et c'est très agréable quand on les reçoit mais on
est pris avec et on sait plus quoi en faire.
Journaliste
: Alors que penses-tu du public belge ?
Daniel Lavoie : Tout le monde nous disait que le public de
Paris était
froid et affreux. Et pendant six mois je les ai vus se lever tous les soirs. Je disais
"il est très chaud!". Mais on me
disait "attends le nord de la France". On a joué à Lille et
effectivement le public était beaucoup plus chaud et on me
disait "attends, Bruxelles, c'est fabuleux". J'ai dit "non, vous
exagérez". et ils avaient raison ! Le public bruxellois
est extraordinaire et nous reçoit très chaleureusement.
Journaliste
: Vous jouez différemment en fonction du public?
Daniel Lavoie : Absolument
!
Et le public parisien aurait intérêt à
écouter car plus tu donnes aux artistes, plus ils te
redonnent. Et quand le public réagit comme en Belgique, il ont deux fois le spectacle.
Journaliste
: Est-ce que t'as peur de te tromper en jouant Frollo ?
Daniel Lavoie : Au début j'avais très peur mais maintenant je connais
très bien tous les gestes etc...j'ai eu quelques fois un
petit blanc de mémoire. Mais plus on possède le personnage, plus on peux le jouer bien.
Journaliste
: Tu crois en Dieu ?
Daniel Lavoie : Non,
je suis pas
croyant. Je suis un sceptique, je crois à
beaucoup de choses mais sûrement pas à un dieu inventé par
les hommes.
Journaliste
: Tu voudrais que Dieu soit une femme ? Elle serait amoureuse de toi !
Daniel Lavoie : n'importe quoi
!
Journaliste
: Bon la dernière fois qu'on s'est vus c'était
1984, là on est en 1999, on va être vieux la prochaine fois !
Daniel Lavoie : Je sais pas,
peut être toi mais moi non ...
Journaliste
: Merci Daniel d'être venu
nous voir.
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