Daniel Lavoie dans la comédie
musicale "Le Petit Prince"
TV Mag - Septembre 2002
Stéphanie Raio

Contrairement à sa voix de ténor
sur scène, Daniel Lavoie, au quotidien, a la voix douce de ceux qui ont gardé
une âme d'enfant. D'ailleurs, c'est avec "Le Petit Prince", la
nouvelle comédie musicale de Richard Cocciante qu'il fait sa rentrée au Casino
de Paris dans le rôle de l'aviateur.
On dit qu'il faut lire Le Petit
Prince plusieurs fois dans sa vie, car à chaque fois on comprend quelque
chose de nouveau.
Daniel Lavoie : C'est vrai. la première
fois, je devais avoir dix ans, et j'ai surtout été sensible à la magie du
texte. Ce n'est que plus tard que j'ai ressentie la grande nostalgie de
l'enfance que éprouvait St-Exupéry.
C'est un sentiment que vous partagez?
Daniel Lavoie : Oui, il y a deux ans d'ailleurs, j'ai écrit un album
pour les enfants : "Bébé Dragon". J'avais envie d'approfondir
l'univers dans lequel évoluent les tout-petits. Vous savez, j'ai trois enfants,
donc la petite enfance je l'ai vécue plusieurs fois dan ma vie (rires). J'avais
envie de retrouver cet émerveillement que l'on ressent petit et que l'on oublie
en vieillissant. Dan la vie, j'essaie de garder mon côté "Petit
Prince", pour composer, écrire. Il faut cultiver son sens de
l'émerveillement. Même si ce n'est pas facile de nos jours.
A quoi ressemblait votre enfance?
Daniel Lavoie : J'ai grandi dans un petit village de l'Ouest canadien,
dans une famille aimante. Nous n'étions pas riches, pas pauvres non plus, mais
alors qu'est-ce qu'on était heureux ! Personne n'était là pour nous faire
remarquer ce que l'on n'avait pas. C'était le bonheur ! Cala m'a donné
confiance en la vie.
Saint-Exupéry a conçu l'aviateur
comme une projection de lui même. Vous êtes vous penché que sa vie pour mieux
comprendre ce personnage?
Daniel Lavoie : J'ai lu plusieurs biographies, car je n'arrivais pas à
en avoir une image très juste. Saint-Exupéry est un homme très compliqué.
Nous n'avons pas la même philosophie de la vie. Je le trouve trop "casse-coup".
Il se met toujours dans des situations extrêmement dangereuses. Il aimait
beaucoup la vie, mais il la risquait beaucoup également. Son coté
irresponsable m'agace un peu, je dois dire.
"Le Petit Prince"
marque la scission entre Richard Cocciante et Luc Plamondon, qui, lui, présente
"Cindy" à la rentrée. Avez-vous du faire un choix entre les deux
projets?
Daniel Lavoie : Pas vraiment. On m'a dit que Luc avait un rôle pour moi
dans "Cindy", mais il ne m'a jamais contacté. De toute
façon, Richard m'avait déjà parlé de son projet à l'époque de "Notre
Dame". Il m'avait demandé si je serai intéressé. Je lui ai dit :
"Oui, si c'est dans un futur lointain." Après une longue série de
tournées, j'avais besoin de retrouver mon piano et le silence. J'en ai profité
pour écrire pour Lara Fabian, Roch Voisine. Je n'éprouvais pas le besoin d'être
à nouveau sur scène. J'étais gavé de succès. Je n'avais ni le courage, ni l'énergie,
de travailler pour moi. Vous savez, ça fait vingt-cinq ans que je fais ce
métier et cela ne m'intéresse pas aujourd'hui d'être toujours sous les
lumières.
Mais alors, pourquoi accepter de jouer
dans "Le Petit Prince"?
Daniel Lavoie : Parce que ce n'est pas le même engagement émotif. Dans
une comédie musicale je joue un autre. J'enlève le costume, et moi je suis
tranquille.
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