Daniel Lavoie et Notre-Dame
de Paris
Echos-Vedettes, 2 au 8 janvier 1999
D. Daignault
Daniel Lavoie ne cache pas qu’il est lui aussi abasourdi, comme un peu tout le
monde dans l’industrie du showbizz québécois et français, par le succès
que remporte Notre-Dame de Paris, l’œuvre
de Luc Plamondon et de Richard Cocciante présentée depuis septembre dernier au
Palais des Congrès de Paris. Joint dans la Ville lumière, c’est avec un
grand sourire dans la voix qu’il nous a parlé de la merveilleuse aventure
qu’il vit en défendant le rôle de Frollo.
« Ca n’a aucun bon sens. C’est beaucoup plus gros que ce à quoi tout
le monde rêvait et, pour tout dire, personne n’avait osé imaginé que ce
serait aussi énorme ! Quand tu dis que nous avons les trois disques les
plus vendus en France depuis des mois, ce n’est pas rien ! La chanson Belle
est numéro 1 depuis quatre mois, l’album Notre-Dame
de Paris figure en tête des plus vendus, suivi en deuxième position du
coffret comprenant la version intégrale. C’est un engouement au-delà de tout
espoir, et, comme ils disent en France, je prends mon pied, j’ai vraiment
beaucoup de plaisir à faire ça, à participer à ce grand spectacle »,
confie le chanteur.
Spectacle à long terme
Est-il besoin de rappeler qu’outre Daniel, Garou, Luck Mervil et Bruno
Pelletier sont aussi de la distribution de cette œuvre qui ne tardera pas à
faire des petits. En effet, Daniel nous confiait qu’il y a beaucoup de gens
d’un peu partout dans le monde qui se rendent à Paris, presque toutes les
semaines, pour voir le spectacle. « Le succès fait des vagues à l’échelle
de la planète, et on vient de partout pour voir comment on pourrait monter et
produire ce spectacle, autant en Angleterre qu’aux Etats-Unis ou au Japon ».
Jusqu’à maintenant, Daniel Lavoie est celui qui a participé au plus grand
nombre de représentations de Notre-Dame
de Paris (il ne s’est fait remplacer qu’à deux reprises), à raison de
sept spectacles chaque semaine. S’il n’en tient qu’à lui, sa
participation à cette aventure ne s’arrêtera pas de sitôt. « Je vais
fort probablement faire le disque en anglais et être de la production anglaise.
Quant à savoir quand ça se fera, je n’en sais pas plus pour l’instant,
mais chose certaine, ça m’intéresse. Contrairement à Bruno et à Luck, par
exemple, je ne suis pas au début d’une carrière, et leur participation à ce
spectacle pourrait peut-être, à la longue, éclipser leurs carrières
respectives, qui vont bien en ce moment. Moi, c’est le contraire. Ma carrière,
j’en ai fait un grand bout, et c’est vraiment, pour le moment, plutôt agréable
de faire quelque chose de différent, de nouveau, et de relever un défi. Je
suis bien là-dedans et je vais probablement continuer plus longtemps qu’eux »,
précise Daniel, qui habite à Paris avec sa femme Louise et son fils.
La production anglaise : ça s’en
vient !
Au sujet de la production anglaise, il faut savoir que c’est Will Jennings, un
des grands paroliers américains qui a notamment écrit le texte du succès planétaire
My heart will go on de Céline Dion,
qui a été chargé de faire l’adaptation et la traduction de toutes les
chansons de Notre-Dame de Paris.
« C’est presque tout fait. On a déjà enregistré des titres, et ça
avance très bien. On a essayé d’enregistrer Belle
en anglais et, au départ, c’était plutôt une tentative pour voir si les
mots sonnaient bien en bouche ; maintenant on en est là, à peaufiner, à
fignoler. Ce sont des gens qui travaillent très professionnellement et qui ne
laissent rien au hasard. D’ailleurs, Luc est très pointilleux pour ça, comme
il l’a été envers lui-même à un point extraordinaire, tout comme Richard (Cocciante)
d’ailleurs. Il suit ça de très près. Il n’y a pas de hasard dans ce grand
succès-là, je crois que tout le monde a vraiment donné son meilleur et tous
ont travaillé très très fort. Tu sais, je pense que ce n’était jamais
arrivé, ce genre d’ « équipe de football » de la chanson où
il y avait beaucoup de monde très professionnel qui mettait toute son énergie
pour atteindre un but précis. Par la force des choses, c’est devenu irrésistible.
Le show-business français nous déteste ! » ajoute-t-il en riant.
Il a écrit pour Bruno Pelletier
Même si les moments libres sont très rares, Daniel a tout de même trouvé le
temps d’écrire quelques chansons en prévision de son prochain album. « C’est mon passe-temps préféré », avoue celui qui a aussi
composé cinq musiques sur le nouvel album de Luce Dufault. « J’ai fait
quelques chansons avec Bruno (Pelletier), pour son prochain album et je continue
à travailler avec Thierry Séchan. Il fait des textes fabuleux, et je pense
qu’on fait des bonnes « tounes » ensemble ; on va continuer
aussi longtemps qu’on va trouver des gens pour les chanter ».
En 1999, Daniel fera la tournée
Notre-Dame de Paris jusqu’en juillet, incluant bien sûr les spectacles au
Québec, mais il ne retournera pas en France à l’automne. « Je vais me
reposer un peu, m’occuper de mon jardin et de mon bois… mais en même temps, je
vais me préparer pour la production anglaise, puis j’essaierai peut-être de
finir mon album pour le sortir au printemps 2000 ».
Daniel Lavoie avoue humblement qu’il a eu de très belles critiques jusqu’à
maintenant pour sa performance dans le rôle de Frollo et qu’il reçoit également
beaucoup d’offres. « C’est un second souffle et je m’amuse pas mal
plus que la première fois », dit-il.
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