Richard Cocciante, Daniel Lavoie, et Jeff
Radio France Bleue
27 mai 2002

C'est l'un des événements majeurs de cette rentrée 2002. Vous êtes friands de ce genre d'histoires. Celle-ci vous la connaissez depuis toujours : "Le Petit Prince", avec l'équipe qui monte ce rêve qui n'en ai plus un : Richard Cocciante, Daniel Lavoie et Jeff.
Journaliste : Cette histoire était
depuis longtemps dans votre tête? Avant "Notre Dame de Paris"?
Richard Cocciante : Je pense qu'on a tous rêvé
de pouvoir faire quelque chose pour "Le Petit Prince". En tant
que musicien, j'avais envie depuis longtemps mais c'était seulement un rêve.
Et j'ai eu cette possibilité de faire ce dont je rêvais depuis longtemps.
Journaliste : Qui est votre premier
confident quand vous avez un projet? Vous délirez tous seul dans votre voiture
ou vous patagez votre enthousiasme avec des gens?
Richard Cocciante : Je
délire d'abord tout seul. C'est tout à fait normal parce qu'il faut rêver. On
rêve dans des moments de solitude, c'est bien mais après il y a une
confidente, c'est ma femme. Et puis il y a la personne qui a écrit les textes,
Elisabeth Anaïs, on se permet de délirer ensemble. Je pense que la composition
doit partir de là. On doit être libre d'être un peu fou au début pour après
commencer à composer. C'est la base de toute création.
Je trouvais qu'Elisabeth Anaïs avait une écriture intéressante pour "Le
Petit Prince". Elle est très sobre, très délicate et l'oeuvre est
comme ça aussi, ça ressemble beaucoup à l'écriture de Saint Exupéry. On
a essayé ensemble mais on savait pas si on allait continuer. C'est important
qu'un auteur et un compositeur s'entendent et trouvent ensemble une voie
commune.
Journaliste : Daniel Lavoie, la
dernière fois qu'on s'est vu pour Notre Dame de Paris, vous disiez que vous
vouliez marquer une pause pour digérer tout ça.
Daniel Lavoie : Je ne me voyais pas recommencer
un spectacle musical aussi tôt, c'est certain. Après 500 fois dans la soutane
de Frollo, j'étais un peu fatigué. Mais ce projet là est particulièrement intéressant
et quand Richard m'a approché, j'ai dit "tien, tiens, ça peut être très
intéressant".
Journaliste : On va vous présenter
Jeff, Le Petit Prince. Tu peux nous raconter comment tu as été choisi par
l'équipe de Richard Cocciante?
Jeff : J'ai été choisi pas Françoie Falck,
la directrice de casting. Elle a parcouru beaucoup de maîtrises et lorsqu'elle
est venue dans la mienne (à Lyon), elle a demandé à mon chef de coeur, Jean
François Duchant, "Vous auriez pas un petit blond, aux yeux bleus, qui
chante un peu près bien?". Il lui a dit "Venez à un de mes concerts,
donc elle est venue et elle a écouté. A la fin du concert, elle est venue me
chercher avec mes parents et on a discuté du projet. Bien sur, j'ai vite sauté
de joie sans réfléchir. j'ai dis "oui" tout de suite.
Journaliste : Qui était le plus
heureux, tes parent ou toi?
Jeff : On
était tous contents, moi particulièrement.
Journaliste : Tu as 13 ans, tu es en
5ième. Tu as déjà une petite idée des choses qui te plaisent dans la vie?
Jeff : J'aime
beaucoup le sport. je fais du tennis et du karaté avec le deuxième Petit
Prince, Pierre Henry. Je suis bien content d'ailleurs qu'on soit ensemble pour
cette aventure, ça nous permet de nous revoir en d'autres circonstances,
puisque c'est la chant.
Journaliste : C'est difficile de
chanter les chansons du Petit Prince?
Richard Cocciante : Je
pense que toutes les choses sont difficiles, soit d'une manière technique, soit
d'une manière spirituelle. Il faut rentrer dans la chanson et la comprendre.
Une chanson qui semble facile peut être difficile parce qu'il faut donner l'atmosphère
juste, la vocalité juste. Mais j'ai une énorme confiance dans les chanteurs.
Même s'ils sont jeunes. S'ils ont du talent, ils peuvent exprimer ce talent. On
a trouvé Jeff et aussi d'autres Petits Princes qui réussissent à chanter
formidablement bien des choses qui normalement sont difficiles même pour les
adultes.
Daniel Lavoie : J'irai même plus loi. je dirai que c'est l'une des raisons pour laquelle j'ai accepté de faire partie de cette comédie musicale. C'est que je sais qu'avec Richard, il y en a jamais des faciles et c'est ce que j'adore faire. Quand on chante des chansons de Richard, on est toujours sur la corde raide. Il faut toujours se concentrer, être présent, c'est exigé et on s'en sort pas autrement. C'est ce qui rend la chose agréable soir après soir. Parce que les gens diraient "Encore une comédie musicale, soir après soir, tu vas t'emmerder", c'est pas vrai ! Quand t'a des chansons comme celles que compose Richard, tu n'as pas le choix, tu peux pas te reposer. Il faut toujours que tu travaille.
Journaliste : Jeff, comment Richard
Cocciante t'a dirigé pour apprendre les chansons du Petit Prince?
Jeff : Il
m'a d'abord expliqué comment il fallait que la chanson soit interprétée,
l'émotion qu'il fallait dedans. Après, on a essayé ensemble a piano et puis
on a enregistré.
Journaliste : C'était bien tout de
suite où il y a des choses qu'il fallait reprendre?
Richard Cocciante : Il
est très dur sur lui même. Il se juge, il s'écoute, il dit "Oh c'est pas
bien là, on y retourne". Et c'est bien, c'est pas tout le monde qui le
fait et surtout à cet âge là. Il est très réfléchi, sage. C'est très
agréable de travailler avec Jeff.
Journaliste : Daniel, les petits
auraient plus d'humilité que les grands dans ce métier?
Daniel Lavoie :
Je suis assez dur sur moi aussi. je l'ai toujours été. Y a aucun intérêt à être
trop facile, ça donne pas nécessairement de bons résultats.
Journaliste : Richard Cocciante,
perlez nous un peu de ce spectacle musical.
Richard Cocciante :
C'est un spectacle musical dans le sens où il y a du parlé. Il y a aussi des
bruitages, une espère de ligne musicale comme dans un film au fond. les
chanteurs chantent avec un micro, parlent avec un micro, ça fera ambiance film.
ça doit baigner dans une atmosphère et j'espère bien le réaliser.
Journaliste : "Toutes les grandes
personnes ont d'abord été des enfants mais peu d'entre elle s'en souviennent",
c'est la phrase clef pour cette histoire...
Richard Cocciante : Et
"L'essentiel est invisible aux yeux".
Journaliste : Pourquoi les grandes
personnes oublient qu'elles étaient des enfants?
Richard Cocciante : Si
on analyse la société dans laquelle on vit, c'est commun que les personnes
s'imposent des lois de vie commune et on oublie le jeu, on oublie de rêver
comme un enfant. Les adultes imposent aux enfants qui rêvent trop d ne pas rêver.
Mais je croix que nous, artistes, nous avons ce privilège de continuer à rêver.
c'est pour ça qu'on crée.
Journaliste : Daniel Lavoie, vous
faites encore des bêtises de petit garçon?
Daniel Lavoie : Je
me suis éloigné un peu trop de l'enfance, ça se fait sans qu'on s'en rende
compte.
Richard Cocciante : Moi
qui te connais, je ne dirai pas ça. Je regarde tes yeux, je sens de l'enfance
en toi. Etre émerveillé, c'est être enfant.
Journaliste :Il y a des choses qui
vous étonnent au quotidien? Vous vous posez deux minutes et vous vous dites, je
regarde...?
Daniel Lavoie : ça
oui. Si c'est ça être enfant, ça me ressemble. Se laisser émerveiller,
j'aime bien, j'ai pas perdu ça. De toute façon je vie un rêve. Depuis trente
and je fais ce métier, je suis parti d'un petit village de l'ouest canadien et
chaque année il m'arrive des choses que j'aurai jamais osé imaginer. Le rêve
continue.
Journaliste : Un mot sur les
musiciens, que du bon, du grand, c'est des copains...
Richard Cocciante : Oui,
je les ai rencontrés lorsqu'on a enregistré Notre Dame de Paris et je
trouve que ce sont des musiciens exceptionnels. On travaille bien ensemble. On
collabore, ils donnent des idées. Ils complètent disons l'oeuvre que j'ai
composé. Il y a Daniel aussi. Je l'ai rencontré dans Notre Dame de Paris
et Daniel c'est une personne charmante, au delà d'être un chanteur formidable.
J'ai pensé que, vraiment c'était Saint Exupéry, le pilote. Il avait des
qualités pour le faire et c'est pour ça que j'ai pensé à lui.
Journaliste : Vous avez enregistré
à Dublin, pourquoi?
Richard Cocciante : J'aime
bien, lorsque j'enregistre, m'isoler, aller dans un endroit où j'ai pas la
possibilité de faire plein de choses. on est plus concentré.
Journaliste : Est-ce que les
musiciens vont jouer en live?
Richard Cocciante : Comme
dans Notre Dame de Paris, c'est un accompagnement musical. C'est une expression
moderne et je croix que c'est l'un des secrets du succès de Notre Dame de
Paris, le fait de refuser la vieille manière de chanter dans la comédie
musicale.
Journaliste : C'est compliqué de
faire jouer des enfants sur scène?
Richard Cocciante : Il
en faudra plusieurs. On est entrain de les auditionner. il faudra alterner.
C'est difficile parce qu'il faut leur apprendre à tous le rôle. Ce n'est pas
juste le fait de chanter, il faut aussi réciter, bouger sur scène. mais les
enfants sont plein de ressources.
Journaliste : Tu connaissais
l'histoire du Petit Prince, Jeff?
Jeff : J'avais
lu, comme tous les enfants, à 8 ans. Maintenant j'ai approfondi la lecture.
Journaliste : Et les costumes du
spectacle?
Daniel Lavoie : Vous
savez, j'en ai aucune idée. Je me confie complètement à Jean-Charles de
Castelbajac qui a je crois, un grand amour pour "Le Petit Prince".
Je suis certain qu'il nous trouvera des choses merveilleuses.
Journaliste : Est-ce qu'on aura une
chorégraphie voisine de Notre Dame de Paris ou il faut s'attendre
à quelque chose de très différent?
Richard Cocciante : C'est
très différent. Il n'y aura pas de ballet, c'est autre chose. Il y a des
scènes exceptionnelles, des tours de magie. Il faut s'insérer dans un climat.
Journaliste : Daniel Lavoie, vous
qui commencez à connaître Richard Cocciante, comment vous le trouvez là?
Daniel Lavoie : Je
le sens plutôt bien. Il a l'air très heureux et je croix qu'il est content
parce qu'il a travaillé très dur. Il a fait quelque chose de bien et je croix
qu'il le sait. On ne sait jamais dans quoi on s'embarque, comment ce sera reçu
et il il y a toujours une anxiété mais quand on a bien travaillé, on sait
qu'on a bien travaillé. Ils diront ce qu'ils voudront, on ne peut pas s'en
vouloir.
Richard Cocciante :
L'insécurité existe toujours, jusqu'au dernier moment. Mais même s'il n'y
avait pas de succès du tout, j'aurai été quand même fier d'avoir fait cela.
C'est la chose la plus importante.

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